Dysphasie ou autisme : un diagnostic différentiel difficile à établir
Dysphasie et trouble du spectre autistique partagent certains symptômes — notamment les difficultés de communication — ce qui rend le diagnostic différentiel parfois complexe.
Les points communs qui prêtent à confusion
Les deux troubles impliquent des difficultés de langage et de communication. Un enfant autiste peut présenter un retard de langage, une communication atypique. Un enfant dysphasique peut paraître renfermé à cause de ses difficultés à communiquer.
Ce qui distingue fondamentalement les deux troubles
Dans l’autisme, les difficultés s’inscrivent dans un tableau plus global : troubles des interactions sociales, comportements répétitifs, intérêts restreints, particularités sensorielles. Dans la dysphasie, les difficultés sont spécifiquement langagières : l’enfant veut communiquer, cherche le contact, comprend les règles sociales — mais est limité par ses capacités linguistiques déficientes.
Les éléments qui orientent vers l’autisme
Peu ou pas de contact visuel spontané, absence de jeu symbolique, intérêts très restreints et répétitifs, sensibilités sensorielles marquées.
Les éléments qui orientent vers la dysphasie
Bonne qualité des interactions sociales, jeu symbolique présent et riche, contact visuel satisfaisant, compréhension des règles sociales, utilisation de stratégies compensatoires gestuelles.
Et si les deux coexistent ?
Dysphasie et autisme peuvent coexister. Dans ce cas, la prise en charge doit adresser les deux dimensions simultanément. Face à l’incertitude diagnostique, ne pas attendre pour mettre en place une rééducation orthophonique — elle est bénéfique dans les deux tableaux cliniques.