Témoignage : grandir avec la dysphasie, le parcours inspirant de Camille
Camille a 22 ans. Diagnostiquée dysphasique à l’âge de 4 ans, elle a traversé une scolarité semée d’embûches avant de trouver sa voie dans la communication visuelle.
Avant le diagnostic : un monde de flou
Mes premiers souvenirs d’école, c’est la frustration. Je voulais participer, répondre aux questions, raconter des choses — mais les mots ne venaient pas. Ou ils venaient dans le mauvais ordre. Le diagnostic, posé quand j’avais 4 ans, a été un tournant. Ma mère m’a expliqué que mon cerveau traitait les mots différemment des autres. Que ce n’était pas ma faute.
La rééducation orthophonique : dix ans de travail patient
J’ai suivi une rééducation orthophonique intensive pendant plus de dix ans — deux séances par semaine jusqu’au collège, puis une séance par semaine jusqu’au lycée. C’était parfois épuisant. Mais mon orthophoniste était incroyable. Elle trouvait toujours un moyen de rendre les exercices amusants.
L’école : les années difficiles
Il y avait les enseignants qui ne comprenaient pas, qui me faisaient lire à voix haute devant toute la classe. Et il y avait ceux qui adaptaient, qui me donnaient le texte à l’avance. Avec les bons enseignants, j’apprenais vraiment. Avec les autres, je survivais.
Trouver sa voie grâce à ses forces
Aujourd’hui, Camille est graphiste. J’ai toujours été meilleure avec les images qu’avec les mots. La communication visuelle, c’est mon langage naturel. Quand j’ai compris ça, tout a changé.
Son message
Ce que je veux dire aux parents, c’est de ne pas lâcher. Et aux enfants dysphasiques : vos difficultés ne vous définissent pas. Pour des ressources et des témoignages sur la dysphasie, lesdys.fr propose une communauté et des guides pour les familles.