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Dysphasie et dyspraxie : deux troubles qui coexistent souvent

Dysphasie et dyspraxie : deux troubles qui coexistent fréquemment

Dysphasie et dyspraxie sont deux troubles neurodéveloppementaux distincts qui coexistent fréquemment chez le même enfant. Comprendre leurs interactions, leurs mécanismes communs et leurs prises en charge spécifiques est essentiel pour un accompagnement global et cohérent — et pour éviter de ne traiter qu’une partie du tableau clinique.

La dysphasie : un trouble spécifique du développement du langage oral

La dysphasie touche spécifiquement le développement du langage oral — compréhension, expression, phonologie, syntaxe et vocabulaire. Elle résulte de difficultés dans le traitement neurologique des informations langagières et se manifeste avant l’entrée à l’école, bien avant que l’apprentissage de la lecture ne commence. L’enfant dysphasique peine à s’exprimer verbalement, à trouver ses mots, à construire des phrases structurées — mais ses compétences non verbales sont généralement intactes ou même supérieures à la moyenne dans de nombreux domaines.

La dyspraxie : un trouble de la planification et de l’automatisation des gestes

La dyspraxie — ou Trouble Développemental de la Coordination (TDC) — est un trouble de la planification et de l’automatisation des gestes. Un enfant dyspraxique a du mal à coordonner ses mouvements de façon automatique — que ce soit pour écrire, s’habiller, faire du vélo, attraper une balle, utiliser des couverts ou pratiquer un instrument de musique. Ces difficultés ne résultent pas d’un problème musculaire ou d’un déficit intellectuel, mais d’une perturbation dans la façon dont le cerveau planifie et exécute les séquences de gestes.

Comme la dysphasie, la dyspraxie est souvent méconnue et mal comprise. Les enfants dyspraxiques peuvent être perçus comme maladroits, peu soigneux ou peu appliqués — alors qu’ils fournissent des efforts considérables pour accomplir des gestes que les autres réalisent automatiquement et sans y penser.

Pourquoi les deux troubles coexistent fréquemment

Dysphasie et dyspraxie partagent des origines neurologiques communes — notamment des difficultés dans la planification et l’automatisation de séquences, qu’elles soient verbales pour la dysphasie ou motrices pour la dyspraxie. Cette base commune explique pourquoi les deux troubles coexistent chez environ 30 à 40 % des enfants présentant l’un de ces troubles. De plus, les deux troubles impliquent souvent des déficits de la mémoire procédurale — la mémoire des séquences d’actions — qui est impliquée à la fois dans la production du langage et dans la réalisation des gestes.

Les manifestations spécifiques de cette double problématique

Quand dysphasie et dyspraxie coexistent, le tableau clinique est plus complexe et l’impact sur la scolarité est plus sévère. L’enfant peut présenter des difficultés à la fois dans l’expression verbale et dans la motricité fine — ce qui complique particulièrement l’écriture manuscrite, qui mobilise simultanément des compétences orthographiques (liées à la dysphasie) et motrices (liées à la dyspraxie). Les activités sportives peuvent être source de difficultés supplémentaires. Et les activités qui impliquent à la fois du langage et des gestes — comme les jeux d’imitation, le théâtre ou les présentations orales — peuvent demander un effort considérable.

Des prises en charge spécifiques qui doivent se coordonner

La dysphasie est prise en charge par l’orthophoniste, qui travaille spécifiquement le langage oral. La dyspraxie relève davantage du psychomotricien ou de l’ergothérapeute, qui rééduquent le geste, l’organisation spatiale et la motricité fine. Lorsque les deux troubles coexistent, il est essentiel que les deux professionnels travaillent en coordination et partagent leurs observations — pour que la prise en charge soit cohérente et que les objectifs se renforcent mutuellement. Des ressources spécialisées sur la dyspraxie sont disponibles sur ladyspraxie.fr, en complément des ressources sur la dysphasie disponibles ici.

Ce que peuvent faire les parents au quotidien

À la maison, les parents peuvent soutenir le développement à la fois langagier et moteur en proposant des activités qui stimulent les deux dimensions de façon naturelle et ludique. La pâte à modeler, les constructions, la peinture et les jeux de mime sont des activités qui travaillent simultanément la coordination motrice et le vocabulaire. Les activités de cuisine — mesurer, mélanger, verser — développent à la fois la motricité fine et les échanges verbaux. L’essentiel est de maintenir le plaisir et d’éviter la pression — un enfant dysphasique et dyspraxique fournit déjà des efforts considérables dans sa vie quotidienne.

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